La liberté dans les fers

« La liberté dans les entraves, une liberté princière. — Le dernier des nouveaux musiciens qui ait vu et adoré la beauté, à l’égal de Léopardi, le Polonais Chopin, lui qui fut l’inimitable — tous ceux qui sont venus avant et après lui n’ont pas droit à cette épithète — Chopin, dis-je, possédait la même noblesse princière dans la convention que Raphaël dans l’emploi des couleurs traditionnelles les plus simples, — mais non par rapport aux couleurs toutefois, mais, aux usages mélodiques et rythmiques. Il admit ces usages, car il était né dans l’étiquette, mais, tel l’esprit le plus subtil et le plus gracieux, se livrant dans ses entraves au jeu et à la danse — sans qu’il voulût même s’en moquer.»

Friedrich Nietzsche, Le Voyageur et son Ombre, §159.

[youtube=http://youtu.be/LfxWUFSx2us]