Maximes de moralistes

Puits sans fond(s) du bon mot sur Twitter, l’anthologie tarit la source des défauts originaux des recueils : l’orgueil de ses auteurs, celui de penser que le publié était publiable (la répétition sans différence quoi). Une petite introduction de quelques pages présente le bonhomme, en fait l’éloge avec bienveillance et précise ce qui le rend particulier ou bizarre. Plus qu’une salle d’entomologiste, François Dufay propose à son lecteur de visiter les sièges d’un banquet athénien, lequel s’étalerait sur des siècles, la modernité de notre social remplaçant le jeune démos. Le Christ est apparu qui a gâté les plats et fera dire à Rivarol : « Ce monde est un grand banquet où la nature convie tous les êtres vivants, à condition que les convives se mangeront les uns les autres ».

Reste les second-best, petits artisans de la phrase aux mérites inégaux. On passe heureusement d’un béat « la faveur des princes n’exclut pas le mérite et ne le suppose pas aussi » (La Bruyère) aux truculences du XXe siècle ivre : « Dieu est grand et moi aussi » (Marcel Jouhandeau). L’élitisme supposé qui caractérise une bonne partie des pensées rassemblées ici crève en réalité à l’approche de ce même XXe siècle. La condition humaine comme philosophoire prend toute la place et coupe souvent aux moralistes l’envie d’adopter la posture scientifique chère à leurs ancêtres – préférant la dérision à l’ironie, le sérieux pesant à l’élégance du désespoir, dommage.

« Il est regrettable pour l’éducation et la jeunesse que les souvenirs sur la guerre soient toujours écrits par des gens que la guerre n’a pas tués. » – Louis Scrutenaire

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